• International,

Étudier en Argentine

Publié le 29 mai 2019 Mis à jour le 29 mai 2019

Vous avez envie de partir étudier à l'étranger, mais vous ne savez pas quel pays choisir ? Partez à la découverte de l'Argentine et de nos universités partenaires, et retrouvez les témoignages de Juliette et de Mathilde parties étudier un semestre à Buenos Aires.

 
Et pourquoi pas poursuivre ses études tout au bout de l’hémisphère sud ? Pays où il fait bon vivre, l’Argentine invite à l’aventure avec ses paysages très divers et son ouverture d’esprit avec sa vie culturelle si intense. Faire une mobilité à l’Universidad de Buenos Aires, partenaire de l’Université Paris Nanterre, vous fera découvrir le charme européen de la capitale porteña qui reste latino-américaine dans son essence. Notre université a également des accords de coopération avec quatre autres universités dans toutes les disciplines. A découvrir !

Pour plus d'informations sur les modalités de candidatures, n'hésitez pas à contacter le Service des relations internationales de l'Université Paris Nanterre.

Vous trouverez ci-dessous la liste des établissements par ville :
 

Connectez-vous à la carte interactive pour consulter les accords par université.

 
Juliette et Mathilde, respectivement étudiantes en licence Humanités mention Arts du Spectacle, et en licence de Psychologie, ont toutes les deux effectuées une mobilité d'un semestre à Buenos Aires en 2018/2019 :

• Pourquoi avoir choisi l'Argentine pour vos études ?

Juliette en Argentine
Juliette : Au moment de définir mon projet, je savais deux choses : je voulais partir dans un pays hispanophone, pour ne pas perdre cette langue que j'avais apprise en section européenne au lycée et à laquelle, contrairement à l'anglais, on n'est pas confronté tous les jours. Deuxième chose, je voulais profiter de cette expérience un peu unique à fond, donc je n'avais pas envie de rester en Europe et d'aller en Espagne, assez proche de nous finalement. L’Amérique latine s'est donc imposée d'elle-même et le reste s'est fait en fonction des partenariats de Nanterre sur le continent : l'Université de Buenos Aires est la meilleure du continent et puis c'était le pays que je "connaissais le mieux" malgré tout, à travers les quelques mois où je l'avais étudié en section européenne au lycée, et les témoignages de voyageurs qui décrivaient le pays comme pris entre les grandes étendues sauvages de l'intérieur et une Buenos Aires comme un bouillon de culture entre Amérique Latine et héritage européen.

Mathilde :
J'ai toujours voulu visiter l'Argentine. C'est un pays qui a toujours suscité mon intérêt sans vraiment trop savoir pourquoi. De plus j'avais envie de découvrir et vivre en Amérique latine. L'Argentine est aussi très axée sur la psychanalyse, je souhaitais découvrir aussi cela.

• Quel est votre avis sur votre université d'accueil, sur les cours que vous avez suivi ?

Juliette : L’Université de Buenos Aires est une université très animée, rythmée par l'engagement politique du bureau des étudiants. De fait au moment où je suis arrivée, commençait une occupation de la faculté solidaire à la grève des professeurs en faveur de l'éducation publique gratuite (mise en péril à cause des dettes du pays auxquelles le président a décidé de réagir en diminuant la part des richesses destinées à l'éducation.) Chaque département de la faculté à son propre bâtiment dans la ville, et celui de "philo et lettres" est un de ceux qui en souffrent le plus (absence de vitres dans certaines salles, les professeurs doivent fonctionner avec leur propre matériel de projection et souvent ne sont pas payés pour les cours qu'ils donnent...). Mais leur engagement en vaut le coup. Les professeurs sont souvent jeunes et attentifs, et les cours se font beaucoup plus sur le modèle des débats professeurs-élèves (ces derniers étant très spontanés !) que sur le modèle du cours magistral, et se concentrent davantage sur des questions pratiques que sur un exposé. Les élèves sont donc en général réellement intéressés et investis, ce qui rend les cours dynamiques. De même, le fait d'être en échange rend également assez libre dans le choix des cours, ce qui permet d'explorer des choses impossibles en France (par exemple, étant en spécialité théâtre, j'ai pu choisir un cours de musique). En revanche en arrivant en classe j'ai eu besoin de temps avant de réellement pouvoir suivre, et pendant plus d'un mois j'ai été totalement perdue entre un accent et des références à des évènements ou à des auteurs que je ne connaissais pas. Il ne faut pas être timide et vraiment parler aux autres professeurs et élèves dans cette période, d'abord parce qu'ils sont attentifs, et ensuite parce que rattraper tout ce retard ensuite est épuisant.

Mathilde :
Mon université d'accueil est une université privée catholique. J'avais un peu de réticence au début par rapport à cela et on ne me proposait que cette université. Il n'y a pas d'accord avec la UBA (l'université publique). Cependant cette université est bien située dans le centre de Buenos Aires, on nous a bien pris en charge au début pour nous accueillir, nous donner des conseils sur notre séjour. Ils nous ont accompagné dans les démarches pour faire notre visa. Les étudiants et les professeurs m'ont très bien accueilli. J'ai beaucoup apprécié la liberté qu'on avait pour choisir nos cours. On nous laissait environ 2 semaines pour pouvoir essayer les cours que l'on souhaite suivre pour pouvoir ensuite s'inscrire dans les cours. J'avais aussi une professeure référente que j'ai rencontré pour m'inscrire dans les cours et qui a pu me conseiller et communiquer avec mes professeurs. J'ai aussi pu la solliciter lors de difficultés que j'ai pu rencontrer dans un cours.

• Comment s'est déroulée l'intégration dans votre université, et avec les autres étudiant·es ?

Juliette : Elle a été un peu chaotique du fait de l'occupation de la faculté pendant tout le mois d'août (beaucoup de cours annulés et peu de communication) mais une courte réunion a été organisée par la faculté deux semaines avant la rentrée pour nous parler de l'inscription. A partir de là, les étudiants d'échange eux-mêmes ont armé un petit groupe pour s'entraider et programmer des sorties. Pour ce qui est des argentins, le contact est facile et spontané, ils sont assez curieux des étrangers et fascinés (à tort ou à raison) par l'Europe et la France, même si mes amitiés les plus proches et chaleureuses ont été nouées hors de la fac avec des personnes venant plus du Nord du continent (brésiliens, équatoriens, vénézuéliens, très présents dans le pays).

Mathilde :
Les étudiants m'ont très bien accueilli. Cependant le fait que je sois dans plusieurs niveaux (2ème année, 3ème année) en fonction de mes cours font que je ne me retrouve pas souvent avec les mêmes élèves et je n'ai pas nouer de grandes relations.

• Avez-vous trouvé un logement facilement ?

Juliette : La recherche d'appartements et assez facile, il y a beaucoup d'offres, notamment accessibles grâce à des sites comme Craiglist, Roomgo ou Argenprop, surtout utilisés par les Argentins. En revanche il faut faire attention à visiter avant de louer, car souvent les appartements ressemblent d'assez loin aux photos. Certains AirBnB proposent également des séjours à plus ou moins long terme, beaucoup d'étudiants d'échange ont choisi cette alternative, ou celle des résidences étudiantes, sortes d'auberges de jeunesses avec location mensuelle.

Mathilde :
J'ai trouvé un logement avant d'arriver à Buenos Aires à travers un site internet, cela s'est fait assez rapidement. Cependant certains choisissent de visiter les appartements à leur arrivée sur place pour pouvoir visiter. Il y a beaucoup de colocation d'étudiants et de résidences universitaires.

• Qu'avez-vous pensé du quotidien en Argentine ?

Juliette : La vie culturelle Argentine est extrêmement active à travers les centres culturels, nombreux et qui organisent des fêtes, concerts d'artistes jeunes de la ville, des expositions, des ciné-clubs, des cours peu chers, des conférences ou des débats. Énormément de bars organisent aussi des concerts avec entrée libre ou des ciné-clubs. Actuellement, beaucoup de bars de Palermo (quartier de BA) projettent la dernière saison de Game of Thrones en direct tous les dimanches. Ils informent sur Facebook de beaucoup de leurs évènements. De même des associations d'étudiants étrangers comme BAIS Argentina organisent beaucoup de rencontres.
Le coût de la vie est assez bas pour nous du fait de la situation économique du pays (pour indication en ce moment un ticket de métro coûte 30 centimes, une pinte de bière artisanale 3€50 et un taxi rarement plus de 6 ou 7 euros). Les opportunités de voyages depuis Buenos aires sont incroyables, avec L’Uruguay à une heure et demie, et le Brésil et les chutes d'Iguazu au Nord. Le sud de l'Argentine avec la Patagonie ou je suis allée un mois cet été (soit en janvier !) est magnifique et le nord avec les provinces de Salta et Jujuy aussi. Les gens, surtout, sont extrêmement bons et accueillants.

Mathilde :
Malgré de très grande inflation des prix, la vie à Buenos Aires n'est pas très chère, Buenos Aires propose énormément d'événement culturel. C'est une ville très dynamique, même la nuit. Cependant l'Argentine est un pays très grand, le voyage se fait donc sur de grandes distances pour aller d'une ville à l'autre. La danse qui s'inspire de nombreuses cultures est aussi très présente là-bas. Les billets d'avion sont assez chers il faut donc privilégier les bus (les compagnies de bus sont très présentes en Argentine). J'ai pu aussi découvrir l'histoire très chargée et complexe de l'Argentine (que je connaissais très peu) à travers ses différentes villes et en échangeant avec les habitants.
 

• Recommanderiez-vous cette destination ? Était-ce une expérience enrichissante ?

Juliette : Je recommande cette destination chaleureusement. Après mes 6 mois d'échange, j'ai décidé de rester 6 mois en semestre sabbatique pour travailler dans un bar-concert, et ça a été une expérience qui m'a vraiment beaucoup apporté. En étant au contact d'un environnement différent, on s'adapte en développant de nouveau traits de caractère, que l'on garde ensuite, on grandit et on sort de sa zone de confort. De même on prend conscience de beaucoup de traits culturels qui auparavant nous semblaient normaux ou universels (par exemple la manière dont les Argentins prennent leurs études et leur vie professionnelle de manière plus détendue, en étudiant une licence, puis une autre et en travaillant entre temps, ou en fondant une entreprise temporaire, et en prenant le temps de voyager. Beaucoup d'étudiants étaient d'ailleurs des adultes ayant envie de se reconvertir !
Faire un échange est une expérience intense qui apprend beaucoup en peu de temps, et ça ne se fait pas sans heurts et crises existentielles. Ce ne sont pas des vacances à long terme ou une suite de fêtes ininterrompues mais un marathon, ou parfois on se sent seul et perdu, ou rien n'est comme chez soi et où il faut s'adapter sans cesse, surtout si loin de chez. Il faut être indulgent avec soi et accepter d'avoir besoin de temps pour construire et s'y sentir bien, parce qu'à la fin, on en ressort tellement fort.


Mathilde :
Partir à l'étranger est une expérience enrichissante sur tous les plans. On se confronte à d'autres cultures, d'autres façons de penser les choses, d'autres langues. Les argentins sont très accueillants. Les argentins ont le sens du partage, on retrouve une plus grande proximité. À Buenos Aires, on retrouve des jeunes de toute l'Amérique latine qui viennent étudier, vivre et travailler en Argentine. C'est une rencontre de toutes les cultures et non seulement celles de l'Argentine. Cela nous apprend beaucoup. De plus par rapport à mes études de psychologie, l'Argentine est un pays très imprégné de la psychanalyse, cela m'a permis aussi sur ce plan de pouvoir m'enrichir.
J'ai eu l'opportunité de voyager aux alentours de Buenos Aires et dans le nord du pays. Ce pays est incroyablement riche (canyons, montagne, nature, chutes d'eaux, désert de sable, forêts etc.). On est complètement dépaysé par cette nature et cela vaut vraiment le coup. J'ai aussi pu voyagé au Chili et au Brésil après mes examens et cela m'a donné envie d'en connaitre plus sur ces cultures. J'aimerais par la suite pouvoir faire un échange ou effectuer un stage au Brésil.
 



Mis à jour le 29 mai 2019