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Étudier au Sénégal

Publié le 11 septembre 2017 Mis à jour le 24 octobre 2017

Vous avez envie de partir étudier à l'étranger, mais vous ne savez pas quel pays choisir ? Venez découvrir le Sénégal grâce aux opportunités de mobilités offertes par l’Université Paris Nanterre et à travers le témoignage de Vincent, étudiant en Arts du spectacle parti une année à Dakar.

 

L’Université Paris Nanterre entretient des liens étroits avec 2 établissements partenaires, avec lesquels il existe des accords dans toutes les disciplines :


Université Cheikh Anta Diop, Dakar - Toutes disciplines

Université Gaston Berger de Saint Louis, Saint-Louis - Toutes discipines


 

Connectez-vous à la carte interactive pour consulter les accords par université.



Vincent, étudiant en Licence 3 Arts du spectacle en 2016/2017, a effectué une mobilité d'une année à l'Université Cheikh Anta Diop à Dakar :

Pourquoi avoir choisi le Sénégal pour vos études ?
Je venais de finir mon master de Lettres Modernes, au cours duquel j'ai approfondi mes connaissances en littérature d'Afrique noire francophone. J'ai notamment rencontré Sony Labou Tansi, l'auteur congolais sur lequel j'ai travaillé dans le cadre de mon mémoire, qui est un écrivain magnifique, qui a bouleversé mon rapport à la vie, à la réalité, que je conseille à tout le monde. C'est pour ce genre de rencontres que j'aime la littérature. Je voulais confronter les univers fictifs mis en place par les auteurs à une réalité concrète, pour ne pas dépendre de leurs représentations, et tenter de mieux saisir ce qui m'échappait. En outre, je trouve que c'est une littérature sous-évaluée, trop peu disponible en France, et je voulais profiter de mon échange pour l'explorer davantage. Je ne connaissais pas grand chose à la littérature sénégalaise avant de partir : le Sénégal était le seul pays d'Afrique noire francophone ayant une convention avec Nanterre.

• Quel est votre avis sur votre université d'accueil, les cours que vous avez suivi ?
Comme dans toute université, il y avait des bons profs et des mauvais, des cours intéressants et d'autres vides. La première difficulté est l'usage du français : les étudiants le manient plus ou moins bien, car ce n'est pas leur langue maternelle, les profs doivent souvent s'adapter (notamment en dictant les cours). L'autre difficulté est la toute-puissance du statut de prof, qui n'est jamais remis en question : ils sont libres d'arriver quand bon leur semble, de changer d'horaire à la dernière minute. L'absence d'émulation crée un manque de stimulation et souvent les cours sont répétés d'une année sur l'autre.
Le principal problème que j'ai rencontré, c'est le bazar administratif. Obtenir un papier, une info est vraiment compliqué. J'attends toujours mon relevé de notes du second semestre. L'année scolaire a pris du retard, les cours ne finissent qu'à la mi-août et ne commencent qu'en janvier. Les semestres sont très brefs. Personne ne nous avait averti.
La vétusté des bâtiments dépend de la matière étudiée. Si les bâtiments où sont enseignées les matières scientifiques sont réputés et neufs, ceux de littérature et sciences humaines sont très vieux : il y fait parfois très chaud, il n'y a pas forcément assez de place, mais on finit toujours par se débrouiller.

• Comment s'est déroulée l'intégration dans votre université, avec les autres étudiants ?
C'était un peu difficile au début, car il y a énormément d'étudiants, et j'avais des cours dans différents niveaux, ce qui fait que je ne voyais pas souvent les mêmes têtes. Si les étudiants étaient accueillants, les relations restaient très cordiales. Ce n'est que dans un second temps que je me suis vraiment rapproché de certains d'entre eux, lorsque j'ai commencé à parler le wolof, qui est la langue principale, et que les Sénégalais utilisent, parfois au détriment de ceux qui ne le comprennent pas. Mais c'est à nous de nous adapter, et ils sont contents de l'enseigner. Ce n'est toutefois pas à l'université, mais à côté, dans mes autres activités, que je me suis fait de vrais amis.

• Avez-vous trouvé un logement facilement ?

Relativement facilement, oui. Lorsque j'ai compris qu'il fallait prendre un logement non-meublé et revendre les meubles à la fin du séjour.

• Qu'avez-vous pensez du quotidien au Sénégal ? (sorties, vie culturelle, voyages dans le pays, etc.)
Le Sénégal est pays facile à vivre, sans trouble. On peut se balader à n'importe quelle heure à peu près n'importe où. Peut-être moins quand on est une femme, mais cela reste très agréable à vivre. Dakar est très bruyante, très polluée. Il faut être en forme le matin, sinon on subit la ville, et cela fatigue beaucoup. Être en forme, se mettre au rythme de vie, accepter que certaines choses soient différentes, s'intégrer notamment par la langue, c'est ce qui permet d'apprécier vraiment son séjour.
On bouge très facilement dans le pays, pas toujours confortablement en revanche. Dakar est une métropole où l'on peut vivre "à l'européenne", et les populations qui y résident n'ont plus le même mode de vie que dans les autres régions, moins urbaines. C'est dans ces régions qu'il fait vraiment bon vivre, c'est beau, moins pollué, et les gens sont plus accueillants. C'est là, selon moi, qu'on trouve la véritable "téranga" (hospitalité sénégalaise).
Il y a des lieux bien spécifiques où se déroulent la vie culturelle, assez élitiste globalement, même si des événements se déroulent dans la rue. Le problème majeur est celui de la communication. Il faut être dans les réseaux, et ça prend du temps, même avec Facebook : j'ai régulièrement appris qu'un événement qui m'intéressait s'était tenu deux semaines auparavant.

• Recommanderiez-vous cette destination ? Était-ce une expérience enrichissante ? (culturellement, humainement, au niveau de vos études, votre apprentissage).
Quel impact cette mobilité a eu sur vos projets futurs ?
C'est une destination que je recommande chaudement : il faut essayer d'y aller plusieurs semaines si c'est un séjour court, pour bouger de Dakar, aller voir d'autres régions. Pour un échange inter-universitaire, je la recommande également, mais il faut bien se renseigner au préalable sur les conditions, notamment par les étudiants qui y sont déjà allés (pour la rentrée retardée notamment, l'administration ne nous disait rien). Cela dépend aussi de la discipline étudiée.
Quoiqu'il en soit, comme tout voyage je pense, ce fut une expérience très enrichissante. J'y ai appris énormément de choses sur la vie, les autres et la manière dont on était perçu en tant qu'autre, sur moi. J'en suis revenu grandi, plus mature, plus complet aussi. Comme partout dans le monde, il y a des gens mauvais et de belles personnes, et j'ai gardé sur place plusieurs amis que j'essaierai de revoir bientôt. C'est évidemment un voyage qui a et aura de l'influence sur mes projets futurs, à court terme (pour cette année) et peut-être à long terme.

 
 
 

Mis à jour le 24 octobre 2017